Manu, tu descends ?

Publié le par Dog bless you

Il est 18h et je suis un peu charrette. Je me dépêche pour ne pas être en retard. J'arrive, transpirante, mais pile à l'heure. 18h15. Je suis toujours à l'heure. C'est quel numéro, déjà, le 38 ou le 38 bis ? Un petit coup d'œil rapide à mon agenda pour avoir la réponse. Je cherche mon agenda... Mon agenda... Dans mon sac... Mon agenda ! Mon agenda !! Argh ! J'ai oublié mon agenda ! Et qui dit pas d'agenda dit pas d'adresse, pas de code pour la porte et pas de téléphone pour demander le code.

Technique numéro un dans ces cas-là : on tente d'appuyer sur le bouton en haut du digicode. On sait jamais, ça peut marcher... Mais non, faut pas rêver.

Technique numéro deux : on attend que quelqu'un entre ou sorte. Ca marche pas mieux. Y a personne dans cette rue, ou quoi ? Bon, c'est pas grave. Je me dis qu'en ne me voyant pas arriver, le client va regarder par la fenêtre, descendre ou m'appeler. 18h20. 18h30. 18h35. Bon, au bout d'un quart d'heure, il devrait quand même réagir ! Il sait que je ne suis jamais en retard. Je sais que c'est ma faute, mais c'est plus fort que moi, il commence à m'énerver... Enervement redoublé par le sentiment de culpabilité. "Tu vois pas que c'est pas normal que je sois pas là à l'heure ? Tu peux pas m'appeler ?" Ca va encore me faire finir tard, cette histoire !

Technique numéro 3 : je siffle. Je siffle. Je siffle. Je me dis qu'il va tilter et pointer son nez à la fenêtre. Nouvel échec. Toute la rue s'énerve (ben si, en fait, y a bien des gens dans la rue...), sauf lui.

Technique numéro 4, dite de "Manu, tu descends" : l'appeler en hurlant son nom dans la rue. Mince, comment il s'appelle, déjà ? Bensala ? Bensousan ? Benamou ? Arrrgh ! Ca commence à me chauffer ! Je ne vais quand même pas appeler le chien (parce que le nom du chien, me m'en souviens, bien sûr) ! Je sais, c'est ma faute, j'avais qu'à pas oublier mon agenda, mais quand même, il pourrait réagir !! 18h40. Bon, j'en ai marre. Le ridicule ne tue pas, je crie "Hou hou !" "Regardez par la fenêtre !". Une fois. Deux fois. Trois fois. Et là, j'aperçois enfin un visage. Une petite bouille toute mini. Une gamine de 4 ou 5 ans. "Bonjour ! Tu connais le code de la porte ?" Moue qui veut dire "je n'ai pas le droit de parler aux inconnus". "Tu peux appeler ton papa ou ta maman ?" Elle fait oui de la tête. Le grand frère de 8-9 ans passe sa tête et me dit enfin le code. Ouf ! Je monte. C'est quel étage, déjà ? Heureusement, le nom est sur la porte. Benahoud ! C'est ça ! Sauvée ! Avec 30 minutes de retard, on y arrive ! Je frappe, prête à m'excuser platement. Personne ! Ah non !! Si ça se trouve, je me suis trompée d'heure, c'était 19h15. Pas moyen de vérifier sur l'agenda, et j'ai pas son numéro pour confirmer. De toute façon, il est déjà 18h45, je vais attendre. Je file faire un petit tour à Monop' et je reviens frapper une demi-heure après. Cette fois, le chien aboie... et la caravane passe. Une longue caravane. Le type n'ouvre pas. Je l'entends gueuler contre le chien et faire tout un bazar. Je re-frappe. Le bazar continue, mais le type n'ouvre toujours pas. "Vous m'ouvrez ? C'est Dog Bless You !".

Il ouvre, visiblement la tête dans le pâté.

- Vous m'aviez oubliée ? Le rendez-vous était à 18h15 (je me doute, maintenant, qu'il m'avait zappée)

- Ah oui. Désolé.

 

Ah ah ! J'exulte ! Finalement, c'est moi la moins en tort des deux ! Rah hah hah ! Si je m'écoutais, je lui hurlerais de rire au nez, du rire gras et caverneux d'un méchant de Batman, en lui pointant mon index géant à deux centimètres des narines ! Ou non, je le pourrirais en lui postillonnant, tel un acteur de théâtre à contre-jour, que ça ne se fait pas de poser un lapin comme ça, et je l'écraserais au sol de mon pouce surdimensionné. Rah ah ah ! Sentiment de surpuissance ! Joie extrême de ne pas être en tort !!

 

...

 

Bon, ouh là là, j'ai besoin de vacances, moi... En fait, je lui ai juste dit que c'était pas grave, que ça arrivait, même si en ce moment, ça ne m'arrangeait pas trop vu mon emploi du temps serré. Bien sûr, il n'a jamais su que j'avais oublié mon agenda et que ça aurait pu être lui qui m'écrase de son pouce surdimensionné !

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KikA 01/11/2011 08:12


HAHA. Oh mon dieu, c'est tellement fréquent, ce genre de gens !
J'en tombe sur le c*l à chaque fois.


Lili 13/10/2010 17:36


Mwarf! Comme je comprends ce sentiment de soulagement intense...


Madame 12/10/2010 12:12


Excellent, MDR PTDR LOL ++ AH AH AH AH AH!