Téléphone, téléphone...

Publié le par Dog bless you

Avant tout, je dois préciser que comme je me déplace sans cesse, mon numéro professionnel est celui de mon portable, et pour des raisons d’organisation qui me sont propres, je n’ai qu’un portable pour les appels personnels et pro.

 

 

Je ne supporte plus cette sonnerie ! Je sais que beaucoup d’entre vous ne me comprenez pas. Pour vous, si ça sonne, c’est que mon activité marche, que les clients se bousculent. Et vous avez raison. Je ne devrais pas m’en plaindre. Autrefois, il ne sonnait pas assez, maintenant, il sonne trop. Jamais contente… Et pourtant, je ne supporte plus cette sonnerie !


Le matin au réveil, sous la douche, au petit-déjeuner, en rendez-vous, à midi, quand je discute avec mes amis, quand je promène mes chiennes, le soir à table ou devant la télé… Toute la sainte journée, de 8h à 22h, du lundi au dimanche, et même pendant mes vacances, ce biiiip de biiiiiip de téléphone sonne, et sonne, et sonne. 12 fois, 15 fois par jour. Allô ? Allô ? Allô ? Aujourd’hui, c’est un record. J’écris ces lignes à 13h12, j’en suis à mon 13e appel ! D'ailleurs, je vais le couper.


Et la plupart du temps, à l’autre bout du fil, ils pensent qu’ils sont les seuls de la semaine à m’appeler  ("bonjour, je vous ai appélee la semaine dernière pour mon chien"... Oui, ben précisez un peu, parce qu'il  en a 25 autres qui m'ont appelée pour leur chien !) Et ils me racontent leur vie, la vie de leur chien actuel ou défunt, la vie de leur véto ou de leur toiletteur... Et moi, je suis aimable, je suis patiente, je suis joviale ; mais au fond de moi, je peste « bon, elle va pas bientôt me lâcher, celle-la ? Je vais encore manger froid ! » ou « t’as vu l’heure, connard ? ». Et quand, à bout de nerfs, je leur fais sentir qu’ils abusent par un timide « Oui, enfin, on est dimanche soir, mais bon… » ou un « excusez-moi, je suis en congés, ça vous embêterait de me rappeler plus tard ?», je sens souvent un blanc glacial à l’autre bout du fil, et je n’ai en général plus de nouvelles. Comme si je devais me tenir à leur disposition 24h/24, 7 jours sur 7. Tu décroches pas, t’es pas dispo, tu perds le client. C’est comme ça. Mais aujourd’hui, c’est un choix que je peux heureusement me permettre.

Ou alors, il y a ceux qui nous harcèlent, qui appellent 8 fois dans la journée et râlent 4 fois sur le répondeur qu'ils n'arrivent pas à nous joindre. Oui, ben c'est que je suis pas dispo ! Alors, tu prends patience et tu rappelles deux-trois jours plus tard. Et si t'y arrives pas, tu laisses UN message et tu attends que je rappelle. J'ai le droit d'être en vacances, quand même !


Je n’en peux plus d’être l’esclave de cette sonnerie. Le téléphone, c’est un fil à la patte, un boulet qui nie ma vie privée et me ramène éternellement à ma vie professionnelle (que j'adore, mais quand même...). Et même quand je le coupe, il faut bien un jour que je le rallume, que j’écoute les 10 messages de la journée, que je lise les 5 SMS, et que j’y réponde… Ou pas.

Après tout, ils rappelleront…

 

 

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Oriya Duseul 29/03/2010 15:11


Le comble pour un éducateur-canin : "avoir un fil à la patte"...

Je l'ai trouvée excellente celle-là (dans le contexte) !


Lazuli66 14/03/2010 20:16


Comme je comprends çà! Je suis véto et mon portable de garde est souvent squatté par des appels qui n'ont rien d'urgent (genre prendre rendez-vous ou demander le tarif de telle ou telle
intervention) à n'importe quelle heure de la soirée!
A force, la sonnerie du téléphone déclenche une vraie phobie!


A. L 14/03/2010 09:57


"What's this ?"...